Moisson Beauce lance Viande solidaire pour combler 75 000 kilos

Moisson Beauce lance Viande solidaire pour combler 75 000 kilos

Moisson Beauce et l’UPA de Chaudière-Appalaches ont lancé viande solidaire pour transformer des animaux d’élevage fragilisés en viande destinée aux familles et aux personnes dans le besoin. L’organisme dit manquer environ 75 000 kilos de viande par année, alors qu’il répond à 40 % de la demande.

Marie Champagne, directrice générale de Moisson Beauce, dit que l’organisme aide 6300 personnes par mois et doit trouver de nouvelles façons de s’approvisionner. Elle a aussi décrit un écart qui se creuse entre la demande et l’offre, dans un contexte où les besoins ont augmenté de 8 % en une année et où l’approvisionnement a diminué de 8 %.

Marie Champagne

Champagne a présenté le programme comme une réponse à cette pression sur l’approvisionnement. « C’est un partenariat gagnant-gagnant », a-t-elle dit à propos de l’initiative, qui doit permettre d’alimenter le réseau de Moisson Beauce en Chaudière-Appalaches avec des viandes issues d’animaux qui ne répondent pas aux standards de l’industrie.

Le programme vise des animaux qui sont habituellement euthanasiés aux frais de leurs propriétaires. Moisson Beauce les fait ensuite emballer, étiqueter et distribuer dans son réseau.

Ferme Loulou

Vincent Lessard, producteur porcin et avicole, a donné un cochon qui boite et ne répond pas aux critères de l’industrie, provenant de la ferme Loulou de Saint-Joseph-des-Érables. « La nature est ce qu’elle est. Il y en a qui grossissent moins vite, ça fait des cochons fragilisés, des cochons qu’on ne peut pas valoriser sur le marché et pour lesquels on doit trouver un autre débouché », a-t-il dit.

Il a ajouté: « C'est une œuvre qui me tient à cœur. Ça valorise quelque chose que moi, je suis obligé d'éliminer. En plus, ça devient quelque chose qui est lucratif pour moi. » Les producteurs reçoivent aussi une compensation pour le transport vers l’un des deux abattoirs certifiés de la région, ainsi qu’un reçu pour fin d’impôt lorsqu’ils donnent un animal.

Projet pilote d’hiver

Avant le lancement du programme, un projet pilote mené cet hiver a permis à Moisson Beauce d’obtenir 60 porcs et 2 vaches laitières pour tester la chaîne d’approvisionnement. Cette étape a servi à mettre en place le circuit qui relie les producteurs, les abattoirs, puis le réseau de distribution de l’organisme.

Pour les ménages qui dépendent de Moisson Beauce, l’enjeu est immédiat: la viande entre dans un circuit organisé à partir d’animaux qui auraient autrement été retirés de la production commerciale, tandis que l’organisme tente de combler un manque annuel qui dépasse désormais 75 000 kilos.

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