Stéphanie Castonguay fixe à 896 241 $ la Retraite du privé

Stéphanie Castonguay fixe à 896 241 $ la Retraite du privé

Une secrétaire du secteur privé sans fonds de pension devrait accumuler près de 896 241 $ pour viser une retraite équivalente à celle d’une secrétaire du secteur public. L’analyse, réalisée par Stéphanie Castonguay de la Banque Nationale à la demande du Journal, compare deux profils fictifs à salaire égal après 35 ans de carrière.

Le calcul place l’objectif à environ 45 000 $ après impôt en revenus de retraite. Pour y arriver, Marie-Josée devrait avoir consacré 29,3 % de son salaire à l’épargne pendant toute sa carrière, soit plus de 15 350 $ par année en moyenne.

Johanne et Marie-Josée

Le scénario oppose Johanne, secrétaire du public, syndiquée et cotisant chaque année au RREGOP, à Marie-Josée, secrétaire du privé sans régime de retraite d’employeur. Les deux ont 65 ans et arrivent à la retraite après 35 ans de travail, ce qui limite les écarts de profil et met l’accent sur le régime de retraite.

Dans le cas de Johanne, la cotisation annuelle représente à peu près 10 % de son salaire. Le taux de cotisation annuel moyen des dix dernières années du RREGOP est de 9,82 %, un niveau inférieur à l’effort d’épargne imposé à Marie-Josée dans le scénario de la Banque Nationale.

Le poids du RVER

Marie-Josée dispose d’un peu plus d’argent sur sa paye puisque rien n’est versé à un fonds de pension, et l’analyse suppose que cet écart peut aller vers l’épargne. Un peu plus de la moitié de cette somme irait dans un REER avec un rendement moyen conservateur de 3,8 %, et le reste dans un CELI.

Stéphanie Castonguay résume l’exercice d’une formule courte: « Oui... mais avec de la discipline ! » Elle ajoute que ceux qui n’ont pas de régime de retraite doivent « bien jouer leurs billes », ce qui passe par « une bonne planification et par un bon accompagnement ».

Stéphanie Castonguay

La planificatrice financière dit aussi qu’une façon de commencer consiste à accepter d’adhérer à un programme d’épargne-retraite volontaire comme le RVER. Depuis 2013, les entreprises de 5 employés et plus doivent proposer le RVER à leurs employés, ce qui donne un point d’entrée concret à ceux qui n’ont pas accès à un régime à prestations déterminées.

Le contraste laissé par l’analyse est simple: le public verse d’abord dans un régime collectif, tandis que le privé doit bâtir seul une masse d’épargne presque d’un million de dollars pour viser le même revenu. Pour un salarié qui n’a pas de fonds de pension, le premier geste à poser est donc de vérifier si un RVER est offert, puis de mesurer si son taux d’épargne annuel peut suivre la cible de 29,3 % établie dans ce scénario.

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