Dan Jorgensen ouvre Jet A au Transport Aérien européen

Dan Jorgensen ouvre Jet A au Transport Aérien européen

Le transport aérien européen se prépare à utiliser du Jet A américain pour parer à d’éventuelles tensions sur le kérosène cet été. Vendredi, l’Agence de l’UE pour la sécurité aérienne a ouvert la voie à ce carburant produit aux États-Unis, alors que Bruxelles dit ne pas faire face à une pénurie à ce stade.

Dan Jorgensen a dit que l’Union se préparait à d’éventuels problèmes d’approvisionnement si la crise se prolongeait. Le commissaire européen à l’Énergie a ajouté: « Nous n’en sommes pas encore là, mais cela peut arriver ».

Jet A et sécurité aérienne

L’AESA a précisé: « Le Jet A est utilisé quotidiennement pour les vols au départ et à l’intérieur des États-Unis et du Canada. Une éventuelle introduction du Jet A en Europe ou dans d’autres régions du monde ne poserait pas de problème de sécurité, à condition que cette introduction soit correctement gérée ». Le Jet A n’est pas distribué en Europe actuellement pour des raisons techniques.

La Commission européenne a parallèlement précisé des mesures pour optimiser l’utilisation du kérosène dans le remplissage des avions et la répartition des créneaux aériens. Bruxelles répète qu’il n’y a pas de pénurie de kérosène en Europe, et Roland Lescure a déclaré mercredi qu’il n’y avait aucune crainte de pénurie en mai et juin en France.

Pression sur le carburant aviation

La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz ont provoqué une envolée du prix du carburant pour l’aviation. Avant cette guerre, 20 % du kérosène consommé en Europe transitait par le détroit d’Ormuz. Plusieurs compagnies aériennes, notamment à bas coûts, ont déjà annoncé des suppressions de vols en raison de cette hausse.

Matteo Mirolo a décrit la situation comme « davantage un problème économique, de coût du carburant, que de disponibilité ». La Commission a annoncé la création d’un observatoire du kérosène la semaine dernière, faute d’une vision détaillée des réserves des Vingt-Sept.

Stocks européens

La législation européenne impose des stocks stratégiques de produits pétroliers à hauteur de 90 jours d’importations nettes et 61 jours de consommation intérieure. Elle ne distingue pas entre essence, diesel et kérosène dans ces stocks, ce qui laisse à chaque État une marge différente pour absorber une hausse prolongée. Une source à la Commission estime que certains États, comme l’Irlande, sont plus exposés faute de capacités de raffinage, tandis que la Finlande paraît mieux préparée.

Pour les compagnies et les aéroports, la priorité immédiate reste donc d’absorber la hausse des coûts sans rompre l’approvisionnement, avec le Jet A comme option de secours si la situation se détériore.

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