Michaël Buffat défend le vote Suisse sur 10 millions d'habitants

Michaël Buffat défend le vote Suisse sur 10 millions d'habitants

Le vote suisse du 14 juin mettra à l’épreuve une initiative qui veut plafonner la population du pays à 10 millions d’habitants. À Berne, Michaël Buffat, membre de l’UDC, défend un texte intitulé Pas de Suisse à 10 millions!, tandis que Vania Alleva fait campagne pour le non à la sortie de la gare du centre-ville.

Les rares sondages réalisés pendant la campagne placent les deux camps au coude-à-coude, pratiquement dans la marge d’erreur. Le résultat comptera bien au-delà du slogan: l’initiative prévoit un premier palier à 9,5 millions d’habitants, puis des mesures sur l’asile, le regroupement familial et, au-delà de 10 millions, sur la libre circulation des personnes.

Berne, ligne de front de la campagne

À Berne, la campagne se joue à quelques mètres de la gare du centre-ville. Vania Alleva, présidente du syndicat UNIA, distribue des tracts pour le non et dit: "L'initiative, qu'elle estime xénophobe, promet des choses qui ne sont pas vraies et [...] va causer des problèmes supplémentaires, selon elle." Elle ajoute: "L'initiative essaie de créer une différence entre les salariés suisses et les salariés d'origine différente".

Michaël Buffat défend, lui, une lecture inverse du même texte. "La population a eu une croissance complètement folle", dit-il. Pour lui, "Notre but, c’est clairement d'améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, parce qu'aujourd'hui, on voit l’effet négatif que l’immigration a sur l'emploi; les plus de 50 ans et les jeunes ont de la peine à trouver un emploi."

UDC contre les autres partis

L’UDC, décrite comme une formation située à l’extrême droite de l’échiquier politique suisse, porte seule l’initiative dans l’arène politique visible de Berne. Le Parti libéral-radical, le Parti socialiste, le Centre, les Vert-e-s, les Vert'libéraux et le Parti évangélique suisse la rejettent.

Cette fracture donne au vote du 14 juin une portée immédiate pour les électeurs qui veulent savoir ce qui changerait concrètement. Le texte ne se limite pas à fixer un cap démographique: il organise aussi une réponse graduée, d’abord à 9,5 millions, puis à 10 millions.

Le seuil de 10 millions

Michaël Buffat résume la logique du texte ainsi: "Il y a un premier palier à 9,5 millions [d'habitants], où on demande au gouvernement de prendre des mesures dans le domaine de l'asile et du regroupement familial, et puis après, à partir de 10 millions, de renégocier la libre circulation des personnes". Selon le calendrier évoqué pendant la campagne, le seuil de 10 millions serait vraisemblablement atteint vers 2050.

Si la limite de 10 millions est dépassée, la Suisse devra dénoncer ces accords. Après deux ans, cette dénonciation concernerait aussi l’accord avec l’UE sur la libre circulation des personnes, ce qui place le vote devant un choix qui touche directement la relation entre Berne et Bruxelles.

Les électeurs suisses trancheront le 14 juin, et le texte fixe déjà l’ordre des conséquences: 9,5 millions, puis 10 millions, puis deux ans pour les accords avec l’UE.

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