Pascal Paradis accuse Alexandre Boulerice d'une blague sur PSPP

Pascal Paradis accuse Alexandre Boulerice d'une blague sur PSPP

Pascal Paradis a accusé mercredi matin alexandre boulerice d’avoir fait une « blague » sur Paul St-Pierre Plamondon. Le député péquiste a lancé cette critique alors que le chef du Parti québécois dit devoir présumer que le gouvernement et la police fédérale le surveillent.

Simon Jolin-Barrette a dit mercredi à l’Assemblée nationale qu’il était « légitime » pour Paul St-Pierre Plamondon d’être vigilant. Le ministre québécois de la Justice a ajouté que « Les craintes de M. St-Pierre Plamondon ne sont pas infondées nécessairement » avant la période des questions.

Gary Anandasangaree et le SCRS

Mercredi, le cabinet du ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a écrit au Devoir que le gouvernement fédéral ne peut en aucun cas donner une directive à la GRC et au SCRS. Dans la même réponse écrite, le cabinet a ajouté que « Ces organismes agissent de manière indépendante. »

Cette réponse arrive après la veille, quand Paul St-Pierre Plamondon avait dit être obligé de présumer que le gouvernement et la police fédérale le surveillent. Elle cadre aussi avec les limites rappelées par Daniel Stanton, qui a dit qu’il est impossible que le SCRS surveille Paul St-Pierre Plamondon.

Daniel Stanton et Ward Elcock

Daniel Stanton a expliqué en entrevue que « Cela fait plus de 40 ans que la responsabilité de mener des enquêtes de sécurité pour subversion, terrorisme, espionnage ou sabotage a été transférée de la GRC au SCRS. » Il a aussi dit: « Ce serait contre la loi. On ne peut pas enquêter la dissidence, la politique. […] Ce n’est simplement pas dans l’ADN du SCRS ».

Ward Elcock, qui a dirigé le SCRS de 1994 à 2004, a écrit au Devoir que « Peu importe ce qu’on pense de ceux qui militent pour la séparation, que ce soit au Québec ou en Alberta, ces convictions en elles-mêmes seraient protégées [par la loi]. » Il a indiqué qu’une seule exception existe si le chef péquiste était mêlé à des activités terroristes ou d’ingérence étrangère.

Le PQ face à Boulerice

Le propos attribué à Alexandre Boulerice s’inscrit dans un dossier où le PQ cherche à faire valoir que les inquiétudes de son chef ne relèvent pas d’une simple boutade. La réaction de mercredi matin place aussi un député fédéral au centre d’un débat qui porte, au fond, sur les limites légales de la surveillance politique par Ottawa.

Le point de friction pour les lecteurs du Parti québécois est maintenant clair: la controverse ne tourne pas seulement autour d’une remarque de Boulerice, mais autour de ce que le gouvernement fédéral peut faire, ce que la GRC et le SCRS peuvent faire, et de ce que le PQ dit craindre dans ce dossier.

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