135 élus municipaux dénoncent des pannes à Hydro-Québec — Tva Nouvelle
tva nouvelle — Pas moins de 135 élus municipaux québécois ont écrit officiellement à Hydro-Québec au cours des trois dernières années pour dénoncer des pannes fréquentes. Une demande d’accès à l’information a révélé que plus d’une centaine de municipalités ont transmis des plaintes à la société d’État.
Le maire d’Amherst, Jean-Guy Galipeau, a adressé une lettre à Hydro-Québec en 2023. Le maire de Repentigny, Nicolas Dufour, dit avoir talonné la société d’État depuis son entrée en poste en 2021, après avoir aussi dénoncé les nombreuses pannes dans les pages du Journal en décembre dernier.
Repentigny et Amherst
À Repentigny, des centaines d’employés ont été à pied d’œuvre pour élaguer dans les semaines suivant cette dénonciation. Dufour a dit que des travailleurs du réseau électrique lui ont appris que certains équipements du secteur Du Boisé dataient de plusieurs dizaines d’années et que certains transformateurs n’avaient aucune protection antiécureuil sur les équipements plus anciens.
Le maire a décrit cette absence de protection comme une source de problèmes de fiabilité. Il a aussi dit que les travaux ont apporté une amélioration, tout en rappelant que tout n’est pas réglé. À Amherst, Galipeau a dit: «Je les ai challengés à toutes les occasions que j’ai eues de leur parler».
Lanoraie et Hydro-Québec
Le maire de Lanoraie, André Villeneuve, fait aussi partie des 135 élus qui ont écrit pour se plaindre des pannes fréquentes dans leur municipalité. Il a dit: «On n’a pas suffisamment investi et il y a un problème de vétusté à la grandeur du Québec, alors on accueille favorablement les efforts d’Hydro-Québec pour y remédier. La situation ne se réglera pas avec seulement de l’élagage et de l’abattage pour améliorer la qualité du service».
Maxime Lajoie, directeur principal de la conception intégrée et de gestion de l’actif d’Hydro-Québec, a dit comprendre les préoccupations des maires et mairesses. Il a ajouté: «On doit travailler avec cette contrainte-là et respecter la capacité de payer des Québécois».
Plan de fiabilité d'Hydro-Québec
Lajoie a aussi dit: «Quand on regarde le plan de fiabilité, on voit que des investissements sont nécessaires. Il faut simplement s’assurer qu’on fait les meilleurs gestes aux meilleurs endroits». Hydro-Québec dit devoir maintenir un équilibre fragile entre des investissements massifs et des tarifs parmi les plus abordables en Amérique du Nord.
Le dossier laisse voir deux demandes qui avancent en même temps: des élus veulent des correctifs rapides sur le terrain, pendant qu’Hydro-Québec met de l’avant son plan de fiabilité et la contrainte des tarifs. Les municipalités qui ont déjà écrit savent maintenant où la pression porte, et les autres ont un chiffre précis pour mesurer l’ampleur du problème: 135 élus, plus d’une centaine de municipalités, et trois ans de plaintes officielles.