Charlie Rousseau mène 6 humoristes au Show mal amoché — Pénélope Mcquade
pénélope mcquade ouvre sur six humoristes handicapés qui montent ensemble sur la scène du Gesù pour la 8e édition du Show mal amoché. Charlie Rousseau, Andréanne Fortin, Marie-Christine Ricignuolo, Michel Cordey, Angelo Schiraldi et William Bernaquez y traitent le handicap comme matière de scène, pas comme sujet à contourner.
Charlie Rousseau résume la ligne du spectacle sans détour: «Depuis quelques années, avec le procès de Jérémy Gabriel et Mike Ward, même si ça a sensibilisé, tout le monde se retient de rire des handicaps. Mais nous, on peut le faire !» Le show s’appuie sur ce droit de parole pour réunir des réalités visibles, invisibles et partiellement invisibles dans un même numéro collectif.
Gesù et le groupe de 6
Les six humoristes arrivent avec des handicaps très différents, et c’est précisément ce mélange qui fait la force du projet. Rousseau se décrit comme ayant 4’ 2”, un doigt, un bras et sept orteils; Andréanne Fortin vit avec le syndrome de La Tourette; William Bernaquez, l’organisateur, est amputé d’une jambe.
Marie-Christine Ricignuolo, elle, a lancé une blague lapidaire sur les sourds. Le spectacle a aussi accueilli au fil des ans des humoristes atteints de la maladie de Crohn, ce qui montre que la série ne se limite pas à un seul type de réalité handicapante.
William Bernaquez a lancé l’idée
William Bernaquez a eu l’idée de rassembler des personnes en situation de handicap pour faire de l’humour ensemble. Rousseau dit simplement: «C’est William qui a eu l’idée de ce show, d’y mettre des personnes en situation de handicap ensemble».
Andréanne Fortin donne le nerf du concept: «Toute seule sur le stage, on dirait qu’on se demande si on peut vraiment en rire». À six, dit-elle, «il y a un effet de masse» qui permet de «défonc[er]» les tabous et d’en parler frontalement.
Rire de 1997 à 2026
Charlie Rousseau dit voir son handicap comme une opportunité et précise: «Je ne dis pas que c’est un cadeau. Là, je charrierais». Elle se décrit aussi comme une «double minorité», avec un handicap visible depuis la naissance, et répond à la peur de s’exposer par une formule simple: «Ouain. Pis si on était en 1997, je serais restée cachée chez nous…»
Son cas dit tout du spectacle: le Show mal amoché ne cherche pas à lisser les différences, il les met sur scène pour en faire une matière de jeu. Pour le public, la vraie promesse est là: entendre des artistes qui testent les limites en parlant de leurs réalités eux-mêmes, sans filtre et sans détour.