OMS confirme un hantavirus sur le MV Hondius, épidémie à Johannesburg
L’Organisation mondiale de la santé a confirmé par analyse de laboratoire qu’un passager hospitalisé aux soins intensifs à Johannesburg est infecté par un hantavirus, dans une épidémie liée à une croisière entre l’Argentine et le Cap-Vert. Trois personnes sont mortes pendant le voyage, et trois autres, dont deux membres d’équipage, ont développé des symptômes respiratoires graves.
Le MV Hondius se trouvait dans un port de Praia, au Cap-Vert, le lundi 4 mai 2026. L’OMS enquête pour déterminer l’origine des décès et des cas graves à bord, sur un navire qui transportait plus de 150 personnes.
Johannesburg et Praia
Le passager malade a été admis dans un hôpital de Johannesburg et a fini aux soins intensifs. Ce cas donne à l’enquête un point d’ancrage précis, alors que l’OMS cherche à relier une infection confirmée à bord à trois décès et à trois autres cas respiratoires sévères.
La concentration des cas intrigue d’autant plus que, selon le Dr Donald Vinh, microbiologiste et infectiologue au Centre universitaire de santé McGill, il semble n’y avoir que six personnes gravement affectées sur plus de 150 personnes à bord. Il a dit: « On ne connaît pas les détails de la croisière, mais ce n’est probablement pas une transmission d’humain à humain, parce qu’il semble n’y avoir que six personnes gravement affectées [sur les plus de 150 personnes à bord du paquebot]. »
Dr Donald Vinh et les rongeurs
Le Dr Vinh a expliqué que les hantavirus se transmettent principalement d’un rongeur sauvage à l’humain. Il a dit: « Les rats et les souris transportent le virus sans être malades, mais celui-ci est présent dans leur urine, leur salive et leurs excréments. L’humain peut ainsi devenir infecté s’il inhale les poussières et les aérosols issus de ces excrétions contaminées. »
Selon lui, les passagers et les membres d’équipage morts ou gravement malades ont probablement été infectés en inhalant des poussières ou des aérosols provenant d’excrétions de rongeurs montés à bord du navire. Cette piste laisse ouverte l’hypothèse d’une source commune sur le bateau plutôt qu’une chaîne de contamination entre passagers.
Ce que l’OMS cherche
Le Dr Vinh a aussi rappelé qu’« il y a quelques très rares cas où on croit qu’un hantavirus a pu se transmettre d’humain à humain ». Il a ajouté qu’en Amérique du Sud, le virus Andes a déjà été suspecté dans de rares éclosions possiblement liées à une transmission de personne à personne, mais que l’ampleur d’une telle transmission n’est pas claire et qu’il n’existe pas de preuve jusqu’à présent.
Les symptômes graves signalés à bord entrent dans le cadre du syndrome pulmonaire à hantavirus, que le Dr Vinh a décrit ainsi: « L’hantavirus est dangereux dans le sens où il peut provoquer ce qu’on appelle un syndrome pulmonaire à hantavirus, qui engendre un œdème pulmonaire. » Il a ajouté que l’eau et le sang peuvent s’accumuler dans les poumons très rapidement, jusqu’à provoquer une insuffisance respiratoire, mais qu’un traitement intensif et un respirateur artificiel peuvent sauver des patients si l’hospitalisation intervient tôt.
Pour les passagers et membres d’équipage du MV Hondius, l’enjeu immédiat est désormais sanitaire: l’OMS doit établir si les cas à bord ont une source commune, et si d’autres personnes exposées pendant la croisière entre l’Argentine et le Cap-Vert doivent être surveillées pour des signes respiratoires graves.