La Cour suprême annule la carte de Louisiane 6 contre 3
La Cour suprême des États-Unis a invalidé mercredi la carte électorale de la louisiane par six voix contre trois. Samuel Alito a écrit pour la majorité que la carte de l’État du Sud « est un découpage inconstitutionnel ».
La décision touche la représentation au Congrès des minorités, notamment afro-américaines ou hispaniques, et elle juge que le Voting Rights Act n’imposait pas à la louisiane de créer une seconde circonscription à majorité afro-américaine. Le texte de 1965, adopté en plein mouvement des droits civiques, se retrouve une nouvelle fois au centre d’un bras de fer judiciaire sur le redécoupage électoral.
Samuel Alito et Elena Kagan
Samuel Alito a rédigé l’arrêt au nom de la majorité conservatrice. Elena Kagan a pris la position inverse et a écrit que « la décision de la Cour fera reculer le droit fondamental à l’égalité raciale » dans les élections, ajoutant dans son avis que la section 2 du Voting Rights Act risque de devenir « lettre morte ».
Le vote a suivi la ligne habituelle de la Cour, avec les juges conservateurs contre les progressistes. Pour les électeurs de louisiane, le point concret est la carte elle-même: la circonscription contestée ne reste pas intacte sous cette décision, et l’État doit composer avec l’arrêt rendu sur le cœur du litige.
Chuck Schumer et Barack Obama
Chuck Schumer a dénoncé un « coup terrible » porté selon lui à ce texte. Barack Obama a lui aussi critiqué une décision qui permettra selon lui à certains États de « diluer et affaiblir systématiquement le pouvoir électoral des minorités raciales – tant que cela est fait au nom d’une logique “partisane” plutôt que d’un “biais racial” explicite ».
L’affaire portait sur le gerrymandering, c’est-à-dire le redécoupage de circonscriptions pour diluer le vote d’un parti. La Cour ne s’est pas prononcée sur une nouvelle carte approuvée par une assemblée locale; elle a tranché sur la portée du Voting Rights Act, ce qui fixe désormais la marge de manœuvre des États quand ils redessinent leurs cartes.
Donald Trump et le redécoupage
Donald Trump a qualifié la décision de la Cour suprême de « GRANDE VICTOIRE pour l’égalité devant la loi » sur Truth Social. En 2025, Donald Trump a demandé à plusieurs États, notamment le Texas, de redécouper leurs cartes pour préserver la majorité républicaine au Congrès, dans une bataille de plus en plus nette autour de la carte électorale avant les élections de mi-mandat en novembre.
Pour la louisiane, l’enjeu immédiat reste la représentation des minorités au Congrès après une décision qui resserre encore l’interprétation d’une loi centrale de 1965. Le prochain point de friction se jouera dans les États qui doivent maintenant décider si leur propre redécoupage suit le même chemin.