Finstar sous séquestre; Promoteur Immobilier visé par 100 millions $
Le promoteur immobilier Finstar est passé sous la main de la Cour supérieure après une ordonnance de mise sous séquestre rendue à la suite d’inquiétudes soulevées par le Groupe Dumont, l’un de ses plus importants créanciers. Le dossier place maintenant plus de 100 millions $ de créances et 31 créanciers garantis au centre du contrôle judiciaire.
Pour Finstar, fondé en 2018 par Simon Drouin, la décision ouvre la porte à un processus de mise en vente d’actifs sous surveillance de la cour. Le groupe est engagé dans une quarantaine de projets immobiliers, surtout multirésidentiels, dans Lanaudière et les Laurentides.
Groupe Dumont pousse la cour
Le juge Luc Morin a rendu l’ordonnance en réponse aux inquiétudes du Groupe Dumont. Il a aussi rappelé l’avis d’un expert qui avait décrit la structure corporative de Finstar comme « boulimique » et sa structure de financement comme « disparate », avec « l’urgence » de mettre en place un processus de vente et de sollicitation d’intérêt afin de limiter les dégâts.
Cette pression judiciaire arrive alors que Finstar faisait déjà face à des signaux financiers lourds: selon les premières observations de Raymond Chabot, les difficultés auraient commencé à partir de 2021, quand l’entreprise de Terrebonne s’est tournée vers des prêteurs alternatifs après avoir manqué de financement institutionnel à court de financement.
2021 à 2024: les marges se resserrent
Le recours à un financement aux conditions moins avantageuses, les retards de construction et les dépassements de coûts auraient réduit les marges et provoqué une crise de liquidités. À partir de 2024, plusieurs hypothèques légales ont été inscrites à l’encontre de plusieurs immeubles de Finstar, tandis que des partenaires financiers comme la Banque Équitable et les Caisses Desjardins de Terrebonne et de Saint-Agathe-des-Monts auraient retiré l’autorisation de percevoir les loyers de ses immeubles.
Dans une déclaration écrite acheminée vendredi après-midi, Simon Drouin a rejeté l’idée que le financement privé ait signalé une entreprise en difficulté. « Oui, nous avons pris du financement privé. Mais non, ce n’était pas le signe d’une entreprise en difficulté », a-t-il écrit.
5 juin sous surveillance
Drouin a aussi soutenu que, entre 2021 et 2024, Finstar avait mis en chantier plus de 300 unités, réalisé une centaine de transactions immobilières et acquis plus de 20 M de pi2 de terrains. Il a ajouté que Finstar Construction était passée de 5,3 M$ à 21 M$ de chiffre d’affaires moyen annuel, avant d’affirmer: « La croissance et les bénéfices ont été exceptionnels et la création de valeur encore plus, poursuit-il. (...) Une entreprise en détresse ne réalise pas ce type de croissance. »
Depuis mars, l’entreprise s’est défaite de neuf de ses employés, soit environ 40 % du personnel. La cour supérieure a par ailleurs prorogé la suspension des procédures à l’encontre de Finstar jusqu’au 5 juin, avec Raymond Chabot nommé séquestre au dossier.
Si la mise en vente d’actifs suit son cours, les créanciers garantis et les partenaires financiers de Finstar passeront au premier plan, tandis que plusieurs chantiers en cours resteront arrimés aux décisions prises sous contrôle judiciaire.