Carrière accuse le Québec de mettre 257 vies au travail à risque — Ftq
La ftq a accusé mardi le gouvernement du Québec de mettre les travailleurs à risque en réduisant la prévention en santé et sécurité, alors que des syndiqués commémoraient devant l’Assemblée nationale les 257 personnes mortes au travail en 2025. Olivier Carrière a demandé au gouvernement de revenir sur deux mesures qu’il critique, dont des exemptions touchant la santé, l’éducation et les services sociaux.
Assemblée nationale et 257 décès
Devant l’Assemblée nationale, Carrière a lancé: « Des travailleurs et des travailleuses qui se lèvent le matin, qui quittent leur domicile, devraient tout le temps revenir à la maison indemnes ». Il a aussi dit: « C’est une question de choix. On met les travailleurs à risque pour des raisons pécuniaires. »
Le rassemblement a eu lieu mardi, dans le cadre du Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail, observé le 28 avril. La FTQ a lié cette commémoration à sa critique des récentes réformes du gouvernement provincial en santé et sécurité.
Réforme de 2021 et exemptions
La modernisation du régime de santé et de sécurité du travail a été adoptée en 2021 avec l’objectif d’étendre l’application des mécanismes de prévention. Carrière a dénoncé des exemptions accordées en 2025 aux milieux de la santé, de l’éducation et des services sociaux un mois après l’entrée en vigueur de la réforme.
Le secrétaire général de la FTQ a dit que ces trois secteurs comptent pour une proportion importante des blessures en milieu de travail. Le syndicat soutient donc que les exemptions vont à l’encontre de l’engagement pris dans la réforme de 2021, qui devait justement élargir la prévention sur le terrain.
Projet de loi 27
Carrière a aussi critiqué le projet de loi 27 sur l’industrie de la construction. Il s’inquiète de voir le nombre de représentants en santé et en sécurité diminuer sur les chantiers, alors que la FTQ demande au gouvernement de revenir sur les deux mesures qu’elle vise.
Le cabinet du ministre du Travail, Jean Boulet, affirme de son côté que les exemptions pour la santé, l’éducation et les services sociaux ne signifient pas que ces secteurs ont été laissés de côté. Il soutient que leurs structures organisationnelles sont complexes et que cette réalité a été prise en compte pour garantir une application efficace et adaptée sur le terrain.
Le cabinet de Boulet dit aussi que le projet de loi 27 n’affecte aucunement les obligations des employeurs en santé et sécurité sur les chantiers. Ces obligations demeurent pleinement en vigueur, qu’un représentant en santé et sécurité soit présent ou non, ce qui place maintenant le débat sur l’application concrète des règles plutôt que sur leur existence sur le papier.