Marylène Le Houillier défend Loi 94 et précise les rôles à l’école
La loi 94 suscite des inquiétudes après la diffusion, cette semaine, d’un tableau explicatif du centre de services scolaire de Montréal sur ce qu’un parent portant un signe religieux peut faire à l’école. Le document distingue les gestes permis d’un rôle de bénévole, au moment où Québec dit vouloir élargir la laïcité dans le réseau de l’éducation.
Selon le tableau présenté au comité de parents, un parent portant un signe religieux pourrait préparer un gâteau pour une fête à l’école de ses enfants, mais ne pourrait pas le servir lui-même. Le même parent pourrait aider à organiser une sortie scolaire, assister à un spectacle de fin d’année comme parent et tricoter des mitaines pour la classe le soir, sans pouvoir accompagner les enfants, donner un coup de main pendant le spectacle ou participer à un atelier de tricot à l’école le jour.
Centre de services scolaire de Montréal
Cette grille d’application place au centre des parents qui veulent participer à la vie scolaire sans passer par le statut de bénévole. Elle met aussi en relief la portée de la loi 94, adoptée dans la foulée du scandale de l’école Bedford, qui étend l’interdiction de porter un signe religieux aux membres du personnel scolaire, aux parents bénévoles et à toute personne qui fournit régulièrement des services aux élèves.
Marylène Le Houillier, directrice des communications de la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a rappelé les objectifs de la loi 94 et a dit que tous les parents qui souhaitent s’impliquer dans l’école de leurs enfants sont les bienvenus, sans port de signes religieux. Elle a aussi dit que les élèves doivent pouvoir apprendre dans un environnement neutre, exempt de pressions religieuses et conformément aux valeurs québécoises d’égalité homme-femme.
Regroupement des comités de parents autonomes du Québec
Le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec se demande quel climat ce type de distinction créera dans les écoles. Le regroupement s’interroge aussi sur la capacité de recruter suffisamment de bénévoles dans les milieux scolaires les plus multiethniques, là où la participation des parents sert souvent à combler des besoins très concrets, de l’organisation d’activités aux coups de main ponctuels.
La friction est là: la loi 94 vise à encadrer la présence de signes religieux dans l’école, mais le tableau du centre de services scolaire de Montréal montre que cette présence peut encore être tolérée dans certains gestes de parent, pas dans les mêmes gestes de bénévole. Pour les familles concernées, la question pratique est désormais simple: participer oui, mais seulement dans les cases que l’école retient entre parent et bénévole.