Canada fixe à 10 séances de psychothérapie le plafond Réfugié
Depuis vendredi, les demandeurs d’asile et réfugiés au Canada couverts par le régime de soins de santé à court terme sont limités à dix séances de psychothérapie par an. Le changement touche un public pour qui le suivi psychothérapeutique peut s’étirer sur de longs mois, voire plus.
Le cabinet de Lena Metlege Diab a précisé que des fournisseurs de soins pourront demander une autorisation pour prolonger les séances déjà reçues entre le 1er janvier et le 30 avril. À compter du 1er janvier 2027, tous les patients seront soumis à une limite de dix séances par année.
Lena Metlege Diab et le PFSI
En janvier, Ottawa avait annoncé des modifications au Programme fédéral de santé intérimaire dès le 1er mai. Le PFSI offre une couverture de santé temporaire à des demandeurs d’asile et réfugiés en attendant leur admissibilité aux régimes provinciaux.
À compter de mai, les bénéficiaires du PFSI doivent aussi débourser 4 $ pour chaque médicament d’ordonnance délivré ou renouvelé, ainsi que 30 % du coût des services de santé dits supplémentaires. Les soins de base, comme les visites chez le médecin et les soins hospitaliers, demeurent entièrement couverts.
Prolongations pour les suivis en cours
Le courriel transmis lundi par la Croix Bleue Medavie a précisé qu’un plafond de dix séances de psychothérapie d’une heure par année civile est désormais fixé. Avant ce changement, ce plafond pouvait être dépassé sur recommandation d’un médecin ou d’un infirmier praticien.
Le cabinet de la ministre fédérale de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a ajouté que les fournisseurs de soins dont les patients ont reçu des séances entre le 1er janvier et le 30 avril derniers pourront soumettre une demande d’autorisation pour les prolonger. Cette exception vise les personnes déjà en suivi, avant l’entrée en vigueur complète du nouveau cadre en 2027.
Janet Cleveland et Daphnée-Sarah Ferfache
Janet Cleveland, chercheuse retraitée affiliée à l’Institut universitaire SHERPA, a dit que la situation est « dramatique ». Elle a aussi déclaré: « On sait très bien que parmi les demandeurs d’asile et les réfugiés, il y a énormément de gens qui ont subi des violences extrêmes, comme des viols, de la torture ou autres violences extrêmes. Ils ont besoin d’un suivi psychothérapeutique soutenu. »
Daphnée-Sarah Ferfache, psychologue qui travaille auprès de demandeurs d’asile et de réfugiés, a déclaré: « Chez des gens avec qui je travaille pour des enjeux de personnalité, ça peut me prendre jusqu’à deux ans de suivi pour avoir un lien thérapeutique de confiance. Là, on me demande de faire ça avec des patients gravement traumatisés en 10 rencontres ». Pour les patients qui ont déjà commencé un suivi, la demande d’autorisation devient donc la seule voie évoquée pour dépasser le plafond cette année.
La prochaine étape déjà fixée est l’application complète de la limite à tous les patients le 1er janvier 2027, avec les demandes de prolongation réservées aux suivis commencés entre le 1er janvier et le 30 avril.