Crise Du Logement: Montréal et Québec restent sous pression en 2026
La crise du logement n’a pas cédé pour les premiers acheteurs au Canada, malgré la baisse des taux hypothécaires. À l’approche du printemps immobilier, l’accès à la propriété s’améliore à peine, et les pressions sur les prix continuent d’appuyer le marché plutôt que de l’alléger.
Dans nombre de régions, la mesure d’abordabilité globale de la Banque Royale reste supérieure de plus de 10 points de pourcentage à sa moyenne historique. En mars, il fallait 45,2 mois d’épargne pour réunir une mise de fonds minimale à Montréal à un taux de 10 % du revenu, contre 31,2 mois à Québec.
Banque Royale et Teranet
La Banque Royale décrit un environnement où les baisses de taux hypothécaires sont désormais en grande partie derrière nous. L’amélioration observée depuis plusieurs mois reste marginale, pendant que l’environnement hypothécaire plus favorable et la résilience des revenus des ménages ont plutôt soutenu les prix des propriétés.
En avril, l’indice Teranet-Banque Nationale a poursuivi son recul à l’échelle canadienne pour un cinquième mois consécutif. Il a aussi subi une contraction de plus de 5 % sur une base annuelle, pendant que le marché résidentiel canadien demeurait faiblement généralisé.
Montréal et Québec
Au Québec, l’allègement de la pression sur l’accessibilité observé à l’échelle canadienne ne s’est pas manifesté. Les prix ont progressé de 4,6 % à Montréal sur une base annuelle et de 13,3 % à Québec, ce qui maintient la pression sur les premiers acheteurs qui espéraient profiter d’un meilleur moment d’entrée.
Les calculs de mise de fonds montrent aussi des écarts marqués selon le type de propriété. À Montréal, il fallait 31 mois d’épargne pour un condo et 52,8 mois pour un autre type de propriété. À Québec, les délais tombaient à 22,6 mois pour un condo et à 31,5 mois pour un autre type de propriété.
Marché Canadien
La faiblesse du printemps immobilier s’inscrit dans un contexte où les pressions haussières sur l’inflation, le loyer de l’argent, l’offre limitée, les problèmes récurrents d’abordabilité et une démographie peu favorable se combinent. En mars, les taux hypothécaires ont augmenté à mesure que les rendements obligataires s’élevaient, sous l’effet de la hausse de l’inflation anticipée par les marchés.
Pour les premiers acheteurs, le signal est clair: les conditions se sont un peu desserrées dans certaines régions, mais pas assez pour ramener les coûts d’accès à des niveaux historiques normaux. Au Québec, l’écart entre Montréal et Québec montre surtout qu’un marché plus abordable peut encore rester difficile sans recul plus net des prix.